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Page actualisée le 21 mars 2020

 

L'histoire de Romanin relatée par Jean-Pierre Dupuis : clic !

 

Romanin : Centre historique des records mondiaux de durée masculin et féminin

Au temps passé...

Le centre a été créé par Joseph Thoret alias "Thoret Mont-Blanc" dans les années vingt (1920) pour y implanter son École des Remous destinée à apprendre aux pilotes d'avion à maîtriser leurs appareils dans les rabattants. Il emmenait toujours un passager avec lui qu'il ramenait systématiquement à l'infirmerie pour un mal de l'air et angoisse... Il a toujours été considéré comme un "dingue" mais c'était un pionnier : il a traversé les Alpes au départ de Chambéry avec plusieurs passagers, qu'il a posés (verdâtres) en Italie en ne se servant des ascendances (hélice calée !) dans le massif du Mont-Blanc et cela à plusieurs reprises. Toutefois, il n'avait aucune considération envers les vélivoles, ces "gaspilleurs de mistral" avec leurs frêles et légères machines...

 

Après la seconde guerre mondiale, cette vocation pédagogique initiale "avion" a été abandonnée au profit d'une utilisation du site pour réaliser des records de durée en planeur. La chaîne des Alpilles, orientée Est/Ouest, perpendiculaire à l'écoulement du mistral, constitue un lieu particulièrement favorable à ce type d'activité. Le premier record eu lieu tout de suite après la guerre avec Dehocq-Soumille sur C25S et la durée du vol ne devait pas dépasser 10 ou 12 heures, par la suite la liste des records devint très impressionnante.

Jugez plutôt !

 

 

 

  • Janvier 1948 Marcelle Choisnet :19 h.50 sur Meise
  • Novembre 1948 Marcelle Choisnet : 37 h.07 sur Air 100
  • Mars 1949 Guy Marchand : 40 h.51 sur Nord 2000
  • Novembre 1951 Choisnet-Mazelier : 28 h.51 sur CM7
  • Février 1952 Carraz-Branswyck : 53 h.00 sur CM7
  • Avril 1952, Charles Atger : 56 h.15 sur Air 100
  • Décembre 1953/Janvier 1954 Lebeau-Fronteau : 56 h.11 sur CM7
  • Janvier 1954, Garbarino-Mathé : 38 h.11 sur CM7
  • Avril 1954, Couston-Dauvin : 57 h.40 sur Kranich III
  • Noël 1954, disparition de Bertrand Dauvin au cours de la tentative pour battre le record de Charles Atger... Fin des records qui furent ensuite interdits.

 

 

Rétrospectivement, ces records étaient davantage une mesure de la résistance humaine à la fatigue qu'une véritable performance de vol à voile. Cette époque des records créait un climat propice à l'enthousiasme collectif avec mobilisation générale pour que tout se déroule le mieux possible. Lors de ces records, par exemple, une équipe était chargée, dans le froid de l'hiver provençal, de surveiller les feux rouges et verts du planeur qui longeait la pente des heures durant entre l'extrémité Est du terrain et le plateau de la Caume situé à l'Ouest du terrain.

Travail ingrat certes pour ceux restés au sol, mais présence tellement réconfortante pour ceux qui volaient. Quelques années passèrent après l'arrêt des records puis l'actuel aéroclub, de "Saint-Rémy-les-Alpilles" fut créé par Marius Chauvet en 1963 pour utiliser la pente de façon conventionnelle.

 

Ayant connu Joseph Thoret, son épouse et son petit fils, et surtout l'ayant écouté lorsqu'il venait passer un moment à Romanin dans les années 60, je me permets d'ajouter quelques anecdotes  sur l'homme qu'était devenu Joseph Thoret à cette époque.

Tout d'abord il vivait dans une ancienne carrière romaine à 100 mètres à l'ouest du mas la Pyramide à St-Rémy de Pce. Il m'avait fait visiter sa demeure un soir alors qu'il remontait chez lui à pied et qu'il faisait nuit, je lui avais proposé de l'accompagner car il avait des difficultés pour marcher. Parvenu sur un petit parking au-dessus de sa maison dans la nuit des Alpilles en novembre, il me demanda de me garer et de venir visiter son lieu de résidence. Pour regagner cette maison dans le noir absolu, il me recommanda de laisser mes phares allumés. En effet un sentier très abrupt permettait de descendre dans l'ancienne carrière en faisant très attention de ne pas tomber. Il était passé devant moi pour me guider et je le vois encore écarter un crane humain suspendu à la branche d'un arbuste qui se balançait dans le mistral et tout cela dans une atmosphère pour le moins étrange... Surpris, je lui demandais pourquoi ce crane ? Sa réponse : "C'est pour interdire aux fumeurs de venir me voir". Puis parvenu - non sans mal - à l'entrée de sa maison taillée dans le calcaire des Alpilles nous pénétrâmes  dans une première piece éclairée quand même par EDF. Je m'attendais à voir plutôt des bougies. Étaient exposés dans cette pièce des huiles réalisées par lui un peu curieuses et au sol à droite, comme à gauche, environ un tapis de cinquante centimètres de bouquins et revues à même le sol sur toute la surface de la pièce - empilés et traitant, si mes souvenirs sont bons, de l'aviation et probablement de ses exploits. Et cela dans différentes langues car il parlait l'italien et l'allemand. Bref, mes phares étant restés allumés, j'ai plutôt tenté de réduire la durée de cette visite inopinée chez Thoret et remontant le sentier tout seul dans le noir j'ai donc veillé à ne pas me cogner la tête contre le "crane anti-tabac", puis je suis rentré à mon domicile de Maussane.

Dernier point : Thoret était un homme engagé et le faisait savoir. Je me souviens le voir déambuler dans les rues de St-Rémy de Provence avec un panneau derrière et devant lui - tel l'homme sandwich - et cela avant toutes élections. Tout cela parce qu'il n'était pas un supporter du Général de Gaule.   Concernant le vol à voile je pense qu'à cette époque il avait reconsidéré le vol à voile car pour lui un record de durée ne pouvait se concevoir qu'avec des avions lourds de deux tonnes minimum pour faire face aux remous et non avec nos "frêles machines" les planeurs.

Pourquoi  dis-je cela ? Et bien il aimait venir nous voir voler lorsqu'il venait à Romanin et je pense que c'est Marius, le Président, qui l'amenait au terrain car il ne possédait pas de véhicule. Il s'asseyait devant le grand hangar, à l'ombre, les jambes allongées car il souffrait de varices et avec sa forte et grave voix, il évoquait quelques aventures vécues avec ses élèves  de son école des remous dont le célèbre  "Trompe la mort" qui revenait souvent à mes oreilles.  Je me souviens aussi qu'il nous avait dit qu'un remous descendant (rabattant) derrière la pente ne pouvait descendre indéfiniment et qu'à un moment donc - très proche du sol, le remous remontait le long de la pente à contrevent. Et un jour, nous sommes allés voir... Jean Raoult avec le Sylphe et il m'avait demandé de le suivre avec mon "frêle" Nord 2000. Nous sommes ressortis par la grande faille (le col du facteur) et nous avons fait cet essai deux fois en longeant les falaises côté sud à moins de 20 mètres de la falaise et en-dessous de la crête alors que le mistral était soutenu. Bref, ceci pour la petite histoire mais surtout ne vous amusez pas à reproduire cet essai ce serait inutile et dangereux. Et votre chef pilote serait contraint de vous sanctionner durement. Tous ces vols à cette époque se déroulaient dans le silence complet car nous n'avions aucun moyen de communication. Seul le Té nous permettait de communiquer avec le sol.

GR

 

les records en images

1954

Dernière tentative de record du monde de duréeTentative de record du monde, disparition de Bertrand Dauvin - 26 décembre 1954Prévol avant le dernier vol

Bertrand Dauvin tente une dernière fois de battre le record du monde de durée en monoplace, ce qui lui vaudra la vie.

Record du monde de durée masculin en planeur biplaceCouston, Brun et DauvinKranich F-CATZBertrand Dauvin et Henri CoustonKranich-III F-CATZBertrand Dauvin et Henri CoustonL'atterissage du record du mondeLe carnet de vol de Bertrand Dauvin

Bertrand Dauvin bat avec Henri Couston définitivement le record mondial de durée en biplace sur le Kranich-III F-CATZ avec 57 h 10 mn. C'est l'exploit sous une pluie glacée et peu de vent. Ils se posent croyant que l'on le leur avait demandé.

Extrait de "Les Ailes, Les grandes performances du Vol à Voile" , N°1472, 17 avril 1954

Extrait de "Les Ailes, DAUVIN et COUSTON sont venus nous voir" , N°1473, 24 avril 1954

Record du monde de durée féminin en planeur

Jacqueline Mathé bat avec Marinette Garbarino, le record du monde de durée féminin pour biplace sur le Fouga CM-7 n°1 Adour F-BBBR avec 38 h 11 mn. C'est Louis Brun, dit "L'ours des Alpilles", qui restera à la radio pendant toute la durée du vol et qui supervisera tous les records de durée de 1947 à 1954.

Extrait de "Les Ailes, L'équipage MATHE-GARBARINO bat le record féminin" , N°1459, 16 janvier 1954

Extrait de "Les Ailes, Le bel effort d'un équipage féminin" , N°1461, 30 janvier 1954

1953

Les planeurs de tous les records au sol

Claude Fronteau bat avec Jacques Lebeau le record du monde de durée pour biplace sur le Fouga CM-7 n°1 Adour F-BBBR avec 56 h 11 mn. Le largage eu lieu à 10 h 00 dans un Mistral régulier.

Extrait de "Les Ailes, LEBEAU ET FRONTEAU battent le record mondial de durée" , N°1458, 09 janvier 1954

Extrait de "Les Ailes, Après le record de LEBEAU-FRONTEAU" , N°1459, 16 janvier 1954

Tentative de record du monde de durée en planeur biplace

Jacques Lebeau en compagnie de Félicien Noin abandonnent une tentative de record du monde de durée en biplace sur Fouga CM-7 après 31h 23 mn de vol dû à l'arrêt du Mistral.

1952

Record du monde de durée définitif en planeur monoplaceCharles Atger devant l'Air-100 n°12

Charles Atger bat définitivement le record du monde de durée en planeur monoplace sur l'Air-100 n°12 avec 56 h 15 mn dans un Mistral si violent qu'il tombe malade. Il se pose épuisé, ayant perdu 5,4 kg, et tombe en syncope de quelques minutes une fois sorti de la cabine de l'appareil. Le planeur fut hors état de vol, les axes des ailerons ayant dépassés les jeux admissibles.

Extrait de "Les Ailes, Charles ATGER a volé 56 heures 15" , N°1367, 12 avril 1952

Record du monde de durée définitif en planeur monoplace

Albert Carraz, en compagnie de Jean Branswyck, bat le record du monde masculin pour biplace avec un vol de 53 h 00 sur le Fouga CM-7 n°1 Adour F-BBBR sous un Mistral avec des rafales à 100 km/h, sous des températures de - 4 à + 10 degrés et des variations d'altitude de 300 à 2000 mètres. Ils ont décollé à 13h00.

1951

CM-7 des records en vol

Yvette Mazellier, en compagnie de Marcelle Choisnet, battent le record du monde féminin de durée sur le Fouga CM-7 n°1 Adour F-BBBR avec 28 h 51 mn. Elles sont remorquées par Louis Brun et se larguent à 14h02 à 450 mètres au-dessus de Castellas pour ne se poser que le lendemain à 19 h 23 mn.

1949

 

Guy Marchand bat le record du monde de durée en monoplace sur Nord-2000 n°1 avec 40 h 51 mn. Après l'atterrissage, ses camarades vélivoles le récupèrent endormi dans le cockpit.

1948

Air-100 le planeur monoplace des records

Marcelle Choisnet bat le record de France de durée en planeur monoplace sur Air-100 n°5 avec une durée de 35 h 03 mn. Après un décollage de Romanin à 8 h 30 mn, elle se pose deux jours plus tard dans la nuit à 0h 36 mn sur ordre de Louis Brun.

 

Marcelle Choisnet bat le record de France de durée en planeur monoplace sur Meise avec une durée de 19 h50 mn.

1936

Storch

Joseph-Juste Thoret crée la "Section d'études de vol dans les remous" sur MS-315 et MS-230. Il constitue une flotte de Morane MS-230 et fait découvrir aux élèves pilotes le principe : "le sol n'engloutit pas le vent, et que pour aussi bas que l'on soit, il est toujours possible d'y trouver une ascendance".

1924

Thoret sur HD-14 hélice teint 9h 04 mn hélice calée

Joseph-Juste Thoret tient l'air 9 h 04 mn hélice calée avec un gain de 575m à 875m dans les "Niagaras" du mistral. Le vol à voile était né aux Alpilles. Son but : apprendre aux pilotes comment se déjouer les rabattants.

Carte postale du terrain à sa création

Joseph-Juste Thoret, alias "Thoret-Mont-Blanc" ou "Thoret-la-tempête" crée l'Ecole des Remous sur HD-14 à Romanin-les-Alpilles.   Lien : Thoret et les Alpes  http://www.ailesahs.com/wp/?page_id=1440